DEGIRO vs Trade Republic : comparatif courtiers étrangers 2026
Deux courtiers étrangers très présents en France
DEGIRO et Trade Republic figurent parmi les courtiers les plus utilisés par les investisseurs français en 2026. Tous deux ont démocratisé l’accès à la bourse avec des frais réduits et des interfaces modernes, mais leurs modèles économiques, régulateurs et offres diffèrent sensiblement.
DEGIRO est une plateforme de courtage néerlandaise, fondée en 2008 et régulée par l’AFM (Autoriteit Financiele Markten) et la De Nederlandsche Bank. Après son rachat par le groupe allemand flatexDEGIRO Bank AG en 2020, l’entité a obtenu un statut bancaire complet, ce qui lui permet aujourd’hui de détenir directement les liquidités de ses clients. La régulation est désormais double : AFM aux Pays-Bas pour l’activité de courtage et BaFin en Allemagne pour les opérations bancaires.
Trade Republic est un néobroker allemand fondé en 2015 à Berlin. L’entreprise a obtenu une licence bancaire complète délivrée par la BaFin et la Bundesbank, ce qui en fait une banque à part entière. Son offre repose sur une application mobile minimaliste, avec un tarif unique de 1 EUR par ordre et la possibilité de programmer des plans d’investissement automatiques gratuits sur un univers de plus de 2 500 ETF et actions européennes ou américaines.
Les deux acteurs sont libres de proposer leurs services en France grâce au passeport européen, qui autorise un établissement agréé dans un État membre à opérer dans toute l’Union européenne sans agrément supplémentaire. L’AMF et l’ACPR tiennent à jour des registres publics permettant de vérifier la légitimité de tout courtier intervenant sur le sol français.
Frais et tarification : les différences clés
La structure de frais constitue le premier critère de comparaison entre DEGIRO et Trade Republic. Les deux courtiers se positionnent sur le segment low-cost, mais avec des philosophies tarifaires distinctes.
Trade Republic applique un modèle d’une simplicité remarquable : 1 EUR par ordre, quel que soit le montant, sur toutes les actions et ETF disponibles. Les plans d’investissement programmés (achats automatiques récurrents) sont gratuits, sans frais d’ordre. Cette gratuité vaut pour plus de 2 500 instruments couvrant l’essentiel des ETF MSCI World, S&P 500, Stoxx 600 et les principales actions européennes et américaines. Aucun frais de garde, aucun frais de tenue de compte, aucun frais d’inactivité.
DEGIRO propose une tarification plus segmentée. Les ordres sur actions américaines coûtent 1 EUR + frais de connectivité, ceux sur actions européennes généralement entre 2 et 5 EUR selon la place. Le broker maintient une “selection list” de 200+ ETF gratuits à condition de respecter certaines conditions de détention. Au-delà, les frais d’ordre sur ETF varient de 2 à 5 EUR. Un frais de connectivité annuel de 2,50 EUR par place boursière étrangère s’applique (hors Euronext Amsterdam, place de référence du broker).
Pour un investisseur particulier qui réalise 12 ordres par an sur un ETF MSCI World, le calcul est rapide : Trade Republic facture 0 EUR (plan programmé), tandis que DEGIRO facture 0 EUR si l’ETF figure dans la sélection list mais bloque la flexibilité (pas d’achats partiels, taille minimum d’ordre, conditions de détention). Pour des ordres ponctuels hors sélection list, DEGIRO reste compétitif sur les marchés américains mais plus cher sur les marchés européens periferiques.
Éligibilité PEA et univers d’investissement
Premier point essentiel : ni DEGIRO ni Trade Republic n’est éligible au PEA. Le Plan d’Épargne en Actions est un dispositif fiscal français réservé aux établissements agréés ACPR ou disposant d’un passeport européen spécifiquement reconnu pour cette enveloppe. Les deux courtiers étrangers ne proposent que des comptes-titres ordinaires (CTO), soumis au PFU de 30 pourcent sur les plus-values dès le premier euro de gain.
Cette absence de PEA est compensée par un univers d’investissement plus large que la plupart des brokers français. DEGIRO donne accès à plus de 50 places boursières dans le monde, dont Euronext (Paris, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne), Xetra (Francfort), Borsa Italiana, London Stock Exchange, NYSE, Nasdaq, Toronto, Hong Kong, Tokyo et Australian Securities Exchange. Cet accès couvre les actions individuelles, les ETF, les obligations cotées, les fonds communs de placement et certains produits dérivés (options, futures, warrants).
Trade Republic propose un univers plus restreint mais ciblé : environ 10 000 actions et 2 500 ETF, principalement sur les places européennes et américaines (NYSE, Nasdaq). Le broker ne donne pas accès aux places asiatiques ni au marché obligataire en direct. En revanche, il propose des cryptomonnaies (Bitcoin, Ethereum et une cinquantaine d’autres) en direct, ce que DEGIRO ne fait pas. Trade Republic offre également des derivatives type Knock-Out et warrants, instruments à haut risque déconseillés aux débutants.
Pour un investisseur orient ETF, les deux brokers proposent les références classiques : Amundi MSCI World, iShares Core S&P 500, Vanguard FTSE All-World, Lyxor STOXX Europe 600. Notre comparatif des ETF World, S&P 500 et Emerging Markets détaille les options principales et leurs caractéristiques techniques.
Fiscalité et obligations déclaratives
L’utilisation d’un broker étranger entraîne des obligations déclaratives spécifiques en France. Tout compte détenu hors du territoire français doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916-3916 bis, joint à la déclaration de revenus. Cette obligation est définie par les articles 1649 A et 1736 du Code général des impôts, accessible sur le site impots.gouv.fr.
L’omission de cette déclaration expose à une amende forfaitaire de 1 500 EUR par compte et par année non déclarée. Le montant grimpe à 10 000 EUR si l’établissement est situé dans un État ou territoire non coopératif (ETNC), ce qui n’est pas le cas des Pays-Bas et de l’Allemagne. Pour DEGIRO et Trade Republic, la déclaration reste obligatoire mais le risque d’amende renforcée n’existe pas.
Les plus-values réalisées sur ces comptes étrangers sont soumises au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) de 30 pourcent, composé de 12,8 pourcent d’impôt sur le revenu et 17,2 pourcent de prélèvements sociaux. La déclaration s’effectue via le formulaire 2074 (calcul détaillé des plus-values) puis le report sur la 2042. Les dividendes perçus sont imposés de la même manière, avec un mécanisme de crédit d’impôt en cas de retenue à la source dans le pays émetteur (15 pourcent pour les actions américaines via la convention bilatérale franco-américaine).
Trade Republic et DEGIRO fournissent un “Imposto” annuel ou “Tax Report” qui récapitule les opérations de l’année. Ce document n’est pas pré-formaté pour l’administration française et doit être retraité pour remplir la 2074. Un point d’attention pour les investisseurs actifs : la méthode de calcul des plus-values (CUMP, FIFO) appliquée par le broker peut différer de celle exigée par le fisc français (CUMP obligatoire), ce qui nécessite parfois un recalcul manuel. Le guide PFU et fiscalité du trading détaille la procédure déclarative complète pour les CTO français et étrangers.
Interface, ergonomie et outils
L’expérience utilisateur différencie nettement les deux brokers. Trade Republic mise sur une application mobile épurée, conçue avant tout pour le smartphone. L’inscription se fait en moins de 10 minutes via une vérification d’identité vidéo. L’interface ressemble à celle d’une néobanque type N26 ou Revolut : tableau de bord clair, graphiques simples, recherche par ticker. Les fonctions avancées (carnet d’ordres profond, indicateurs techniques, scanners) sont absentes ou très limitées.
DEGIRO propose une plateforme web plus complète, accompagnée d’une application mobile correcte mais moins polie. L’inscription prend également 10 à 15 minutes mais demande quelques documents supplémentaires. L’interface offre un carnet d’ordres, des graphiques avec quelques indicateurs (moyennes mobiles, MACD, RSI), un calendrier des dividendes et résultats, ainsi qu’un moteur de recherche d’ETF avec filtrage par TER, taille du fonds, réplication. Pour un investisseur souhaitant analyser les graphiques avant d’acheter, ces outils restent toutefois inférieurs à une plateforme dédiée comme TradingView ou ProRealTime.
Pour les particuliers qui souhaitent intégrer une démarche structurée, tenir un journal de trading reste plus important que le choix d’un broker entre les deux. La maîtrise de la lecture des chandeliers japonais et des indicateurs techniques ne dépend pas non plus du courtier, mais de la formation personnelle.
Côté service client, Trade Republic propose un support uniquement par chat in-app, en anglais et allemand principalement, avec une présence française limitée. DEGIRO offre un support téléphonique en français (numéro local) du lundi au vendredi, en plus du chat et de l’email. Pour un investisseur novice rencontrant un blocage technique, ce point peut faire la différence.
Verdict comparatif synthétique
Le choix entre DEGIRO et Trade Republic dépend du profil de l’investisseur particulier.
Trade Republic convient mieux aux profils suivants :
- Investisseurs en plan d’épargne programmée sur ETF (gratuit, sans friction).
- Détenteurs d’un seul ou de quelques instruments suivis sur le long terme.
- Utilisateurs cherchant la simplicité mobile et une expérience type néobanque.
- Personnes intéressées par les cryptomonnaies en complément des actions et ETF.
DEGIRO convient mieux aux profils suivants :
- Investisseurs cherchant une couverture géographique mondiale (Asie, Australie).
- Personnes souhaitant diversifier sur de nombreuses actions individuelles.
- Utilisateurs préférant une interface web complète à une application mobile.
- Investisseurs ayant besoin d’un support téléphonique en français.
Dans tous les cas, ces deux brokers ne remplacent pas un PEA pour la fiscalité. La stratégie optimale pour un particulier français reste généralement de privilégier l’enveloppe PEA pour les ETF éligibles (MSCI World synthétique, S&P 500 synthétique) jusqu’au plafond de 150 000 EUR, puis d’ouvrir un CTO chez DEGIRO ou Trade Republic pour compléter avec des actions américaines, asiatiques, ou tout autre instrument non éligible au PEA. La Banque de France et Bercy publient régulièrement des données et guides sur la fiscalité des comptes-titres, utiles pour calibrer son arbitrage entre enveloppes.
Cet article a une vocation pédagogique. Il ne constitue ni une recommandation d’investissement ni un conseil personnalisé. Avant toute décision, un investisseur particulier doit étudier la documentation réglementaire de chaque broker (Document d’Information Clé pour l’Investisseur, conditions générales) et évaluer son adéquation à son profil de risque, son horizon de placement et ses objectifs patrimoniaux.
Questions fréquentes
DEGIRO et Trade Republic sont-ils éligibles au PEA ?
Non, aucun des deux n'est éligible au PEA. Le Plan d'Épargne en Actions est un dispositif fiscal français réservé aux établissements détenant un agrément de l'ACPR ou un passeport européen reconnu spécifiquement pour cette enveloppe. DEGIRO (broker néerlandais régulé par l'AFM) et Trade Republic (établissement allemand régulé par la BaFin) ne proposent que des comptes-titres ordinaires (CTO). Pour ouvrir un PEA, il faut passer par un broker français tel que Bourse Direct, Fortuneo ou BforBank. Cette distinction est importante car le PEA offre une exonération d'impôt sur les plus-values après cinq ans de détention, tandis que le CTO subit le PFU de 30 pourcent dès le premier euro de gain, sans seuil minimum ni période de détention favorable. Le plafond de versement du PEA s'élève à 150 000 EUR pour le PEA classique et 225 000 EUR pour le PEA-PME. Consultez notre comparatif des [brokers PEA français](/blog/top-5-brokers-pea-comparatif-frais-plateformes/) pour les solutions adaptées à cette enveloppe.
Faut-il déclarer un compte DEGIRO ou Trade Republic aux impôts ?
Oui, obligatoirement. Tout compte détenu à l'étranger doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916-3916 bis joint à la déclaration de revenus, conformément aux articles 1649 A et 1736 du Code général des impôts. L'omission expose à une amende forfaitaire de 1 500 EUR par compte non déclaré et par année, montant porté à 10 000 EUR si l'établissement est situé dans un État ou territoire non coopératif (ETNC). Pour DEGIRO (siège aux Pays-Bas) et Trade Republic (siège en Allemagne), la déclaration reste obligatoire malgré l'appartenance des deux pays à l'Union européenne, et même si le compte n'a reçu aucun mouvement durant l'année fiscale. Les plus-values réalisées doivent être reportées dans la déclaration 2042 et la 2074 selon les règles habituelles du PFU à 30 pourcent. Le délai de prescription fiscale est de dix ans pour les comptes étrangers non déclarés, contre trois ans en régime normal. Notre guide [PFU et fiscalité du trading](/blog/pfu-pea-fiscalite-trading-actions/) détaille la procédure pas à pas.
Que se passe-t-il si DEGIRO ou Trade Republic fait faillite ?
Les titres détenus sont la propriété légale du client et restent inscrits à son nom, séparés du bilan du broker. En cas de défaillance, les avoirs sont transférés vers un autre établissement désigné par les autorités de régulation. Trade Republic, en tant que banque allemande agréée, bénéficie du fonds de garantie allemand qui couvre les dépôts espèces jusqu'à 100 000 EUR par client. DEGIRO, depuis son rachat par flatexDEGIRO Bank, fait également partie du système de garantie allemand pour les espèces à hauteur de 100 000 EUR. Les titres (actions, ETF) ne sont pas concernés par ces plafonds car ils ne figurent pas au bilan du broker mais sont conservés chez un dépositaire tiers, généralement Clearstream pour les titres européens. Le risque principal reste celui de fraude interne ou de défaillance opérationnelle, scénarios encadrés par les régulateurs BaFin et AFM. Aucun broker, français ou étranger, n'est totalement à l'abri d'un incident technique ou d'une faille de cybersécurité.
Quel courtier choisir entre DEGIRO et Trade Republic pour débuter ?
Le choix dépend du profil et des objectifs. Trade Republic convient aux investisseurs cherchant la simplicité : interface mobile épurée, 1 EUR par ordre, plans d'investissement programmés gratuits sur plus de 2 500 ETF et actions, rémunération des liquidités à un taux variable selon la politique monétaire de la BCE. DEGIRO s'adresse aux investisseurs plus actifs : tarification plus complexe mais frais réduits sur la sélection list de 200+ ETF gratuits, accès à 50+ places boursières mondiales, outils d'analyse plus poussés et carnet d'ordres profond. Pour un débutant qui investit mensuellement 100 à 500 EUR sur un ETF MSCI World, Trade Republic est généralement plus économique grâce aux plans d'investissement gratuits et à la fractional share. Pour un investisseur souhaitant diversifier sur des actions internationales individuelles, notamment japonaises ou australiennes, DEGIRO offre une couverture géographique supérieure. Aucun des deux ne remplace toutefois un [PEA](/blog/top-5-brokers-pea-comparatif-frais-plateformes/) français pour la fiscalité long terme.
Les CFDs sont-ils disponibles chez DEGIRO et Trade Republic ?
Non, ni DEGIRO ni Trade Republic ne proposent de CFDs (Contracts for Difference) sur leur plateforme principale destinée aux particuliers en France. Les deux courtiers se positionnent volontairement sur l'investissement long terme en actions et ETF, sans produits à effet de levier sophistiqué. Trade Republic propose toutefois des produits dérivés comme les warrants et certificats Knock-Out, qui restent risqués et susceptibles de perte rapide du capital, mais ne sont pas techniquement des CFDs. L'AMF rappelle régulièrement que 67 à 75 pourcent des comptes particuliers tradant des CFDs perdent de l'argent, ce qui explique le choix stratégique des deux acteurs d'éviter ce segment et de privilégier la pédagogie de l'investissement passif. Pour les investisseurs cherchant à comprendre les indicateurs techniques avant toute prise de position, notre guide [RSI MACD et moyennes mobiles](/blog/rsi-macd-moyennes-mobiles-indicateurs-essentiels/) détaille les outils essentiels. La gestion du risque reste prioritaire, quels que soient l'instrument et le broker choisi.