Trade Republic vs DEGIRO 2026 : duel des courtiers low-cost européens
Deux courtiers européens dominent le low-cost en 2026 : DEGIRO et Trade Republic. Tarifs réduits, application moderne, accès aux marchés mondiaux, leur promesse séduit le particulier français. Pourtant les modèles divergent sur les ordres, les marchés couverts, la fiscalité et le PEA. Voici un duel détaillé pour t’aider à trancher en toute connaissance de cause.
Deux courtiers européens, deux modèles différents
Trade Republic et DEGIRO se présentent en 2026 comme les deux références européennes du courtage low-cost à destination des particuliers. Trade Republic, fondé à Berlin en 2019, a obtenu sa licence bancaire en 2023 auprès de la BaFin allemande et propose une application mobile minimaliste pensée pour l’investisseur de masse. Le néerlandais DEGIRO, racheté par le groupe allemand flatexDEGIRO, opère désormais en France via flatexDEGIRO Bank AG, également sous supervision allemande de la BaFin.
Les deux acteurs partagent une promesse commune : casser les tarifs traditionnels du courtage pour démocratiser l’accès aux marchés actions. Mais leurs philosophies divergent franchement. Trade Republic mise sur l’expérience mobile, les plans d’épargne automatiques et une gamme volontairement limitée pour ne pas perdre le débutant. DEGIRO conserve l’ADN d’un courtier en ligne plus complet, avec une plateforme web fournie, un catalogue étendu et une logique tarifaire par marché financier plutôt que totalement forfaitaire.
Pour le particulier français, ces deux acteurs partagent aussi une limite majeure : aucun des deux ne propose le Plan d’Épargne en Actions, enveloppe fiscale française réservée aux courtiers domestiques agréés. Loger des actions européennes en franchise d’impôt sur le revenu suppose donc d’ouvrir un compte ailleurs, comme l’explique notre comparatif des dix meilleurs courtiers PEA en 2026. Trade Republic et DEGIRO se positionnent sur le compte-titres ordinaire, idéal pour la diversification internationale et les marchés non éligibles au PEA. Cette spécialisation cible un investisseur qui sait déjà ce qu’il veut faire et qui privilégie la liberté de l’univers mondial au cocon fiscal du PEA français.
Les frais d’ordre passés au crible en 2026
Sur le poste le plus visible, celui du coût direct d’un ordre, les deux courtiers affichent des grilles très agressives mais construites différemment. Trade Republic facture un euro par transaction quel que soit le montant de l’ordre, qu’il s’agisse d’une action européenne, américaine ou d’un ETF. Cette tarification ultra simple a fait sa réputation et reste imbattable sur les petits ordres récurrents. Les plans d’épargne programmés, eux, sont entièrement gratuits, ce qui en fait l’outil de prédilection pour l’investissement mensuel automatisé.
DEGIRO joue une partition différente avec une grille articulée autour du marché concerné. Un ordre sur Euronext Paris ou Amsterdam revient à un euro de frais de traitement plus un coût variable d’environ deux euros par ordre, tandis qu’un ordre sur les marchés américains est facturé un euro de frais de traitement et un dollar de courtage. Les ETF présents sur la liste gratuite mensuelle de DEGIRO peuvent être achetés sans frais de courtage, sous conditions d’opérations et de montants, ce qui constitue un avantage tangible pour le profil ETF only.
Au-delà de la grille faciale, c’est le coût total qui compte. Notre enquête sur les frais cachés des courtiers, du spread au change en passant par l’inactivité détaille les postes souvent oubliés. La conversion de devises, par exemple, peut coûter bien plus cher que l’ordre lui-même sur les actions américaines, et le spread sur les segments hors heures de marché peut surpasser largement la commission affichée. La logique du trading à zéro euro de frais nécessite de regarder le vrai coût caché du spread bid-ask, ce qui relativise la promesse marketing des deux acteurs.
Univers de produits et accès aux marchés mondiaux
DEGIRO conserve en 2026 une longueur d’avance sur l’étendue du catalogue. Le courtier néerlandais donne accès à plus de cinquante places financières, des grandes bourses européennes et américaines jusqu’aux marchés asiatiques comme Hong Kong, Singapour ou Tokyo. L’investisseur peut y trader des actions, des ETF, des obligations cotées, des trackers de matières premières, des futures et même des options sur la plupart des marchés européens et américains. Cette palette en fait un outil polyvalent pour un investisseur intermédiaire qui veut diversifier au-delà des grandes capitalisations classiques.
Trade Republic a choisi une logique inverse, celle d’un catalogue volontairement resserré mais soigneusement curé. La plateforme couvre les principales actions européennes et américaines, environ deux mille ETF, des cryptomonnaies et, depuis peu, des obligations cotées en euros. La promesse n’est pas l’exhaustivité mais la sélection, avec une interface où l’on trouve rapidement ce que l’on cherche sans se perdre dans des dizaines de places financières exotiques. Les plans d’épargne récurrents sur ETF, action ou crypto sont la véritable marque de fabrique du courtier.
Le choix entre ces deux univers dépend du projet d’investissement. Un investisseur qui veut bâtir un portefeuille mondial diversifié avec quelques ETF de référence et un plan d’épargne mensuel trouvera tout chez Trade Republic. Un investisseur qui veut composer un portefeuille de petites valeurs européennes, trader des futures ou écrire des options préfèrera DEGIRO. Pour situer ces options dans un paysage plus large, notre comparatif DEGIRO, Trade Republic et Interactive Brokers sur le compte-titres en 2026 replace ces deux acteurs face à la référence américaine du segment haut de gamme.
Plateformes, ergonomie et expérience utilisateur
Sur l’interface, les deux courtiers incarnent deux générations différentes de l’expérience client. Trade Republic est conçu mobile first et porte cet héritage dans chaque écran. L’application iOS et Android est volontairement minimaliste, presque dépouillée, avec des couleurs sobres et une navigation linéaire. L’ouverture de compte se fait en quelques minutes via une vérification d’identité vidéo, et la mise en place d’un plan d’épargne mensuel prend moins d’une minute. Le revers de cette simplicité est l’absence de plateforme web complète pour le bureau, ce qui peut frustrer un utilisateur habitué aux écrans larges et aux graphiques avancés.
DEGIRO propose une expérience plus classique, avec une plateforme web complète et une application mobile distincte. L’interface offre davantage d’options, davantage de filtres et davantage d’informations, mais demande aussi un temps d’apprentissage plus long. Les graphiques sont basiques sans atteindre le niveau d’un TradingView, et les fonctions d’analyse fondamentale restent limitées. Le carnet d’ordres et le suivi des positions sont bien faits, mais la configuration initiale du compte nécessite davantage d’étapes que chez le concurrent allemand.
Le choix du type d’ordre disponible reflète aussi cette différence. DEGIRO propose une palette riche : ordre au marché, à cours limité, stop loss, stop limit et déclenchements conditionnels sur la plupart des marchés. Trade Republic se limite aux ordres au marché et à cours limité, avec quelques variantes selon les actifs. Pour bien comprendre ces nuances et leurs effets concrets sur l’exécution, notre guide ordre limite contre ordre marché en 2026 explique comment choisir le bon type d’ordre. Cette différence d’outillage compte pour un investisseur qui veut un minimum de contrôle sur les prix d’entrée et de sortie.
Sécurité, régulation et garantie des dépôts
Trade Republic et DEGIRO sont tous deux régulés par la BaFin allemande, l’autorité de supervision financière de la République fédérale, en tant qu’établissements de crédit ou prestataires de services d’investissement. En France, l’Autorité des Marchés Financiers tient un registre public des prestataires européens opérant en libre prestation de services que tu peux consulter pour vérifier l’autorisation effective du courtier avant ton premier dépôt. Ce passeport européen permet aux deux acteurs d’opérer auprès des résidents français sans agrément additionnel.
La garantie des dépôts s’applique au cash déposé sur le compte. Pour Trade Republic, banque agréée allemande, le fonds allemand de garantie des dépôts couvre jusqu’à cent mille euros par client et par établissement. Pour DEGIRO, opéré via flatexDEGIRO Bank AG, la même règle joue avec la même limite. Les titres, quant à eux, sont par construction séparés des actifs propres du courtier et restitués au client en cas de défaillance, conformément aux règles européennes de ségrégation des avoirs. Le système d’indemnisation des investisseurs allemand peut compléter cette protection à hauteur de quatre-vingt-dix pour cent des montants concernés, plafonné à vingt mille euros par client.
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution publie elle aussi des ressources utiles sur la garantie des dépôts en France qui permettent de comparer ces protections allemandes au régime français. Le résultat reste favorable : un courtier européen agréé offre un niveau de protection équivalent à celui d’une banque française classique, sans risque de change ou d’évasion fiscale lié à une juridiction extra-européenne. Pour aller plus loin sur le cadre général de l’investissement boursier en France, les ressources publiques de la Banque de France sur l’épargne et les marchés complètent utilement la documentation des courtiers.
Fiscalité française et déclaration obligatoire
Sur le plan fiscal, Trade Republic et DEGIRO sont logés à la même enseigne : ils ne proposent pas le PEA, donc les gains et dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 pour cent, soit 12,8 pour cent d’impôt sur le revenu et 17,2 pour cent de prélèvements sociaux. Une option globale pour le barème progressif reste possible et peut être avantageuse pour les contribuables faiblement imposés. Le choix entre PFU et barème dépend de la tranche marginale d’imposition, comme l’analyse notre comparatif compte-titres contre PEA en 2026 et arbitrage fiscal.
La spécificité de ces deux courtiers tient à leur domiciliation étrangère. Comme ils sont implantés en Allemagne, ils ne pratiquent pas de prélèvement à la source des impôts français, ce qui transfère intégralement la responsabilité de la déclaration sur le contribuable. Chaque année, l’investisseur doit reporter ses plus-values nettes sur le formulaire 2074 et ses dividendes sur le 2042, à partir des relevés fiscaux que les deux courtiers mettent à disposition. L’oubli ou l’erreur expose à des redressements assortis d’intérêts de retard, sans que la défense du courtier puisse aider.
Une obligation supplémentaire pèse sur le détenteur de compte étranger. L’administration fiscale exige la déclaration annuelle du compte via le formulaire 3916-3916 bis, sous peine d’une amende forfaitaire de mille cinq cents euros par compte non déclaré, voire dix mille euros pour les juridictions non coopératives. Le détail des règles figure sur le portail impots.gouv.fr consacré aux comptes bancaires à l’étranger et contrats de capitalisation. Pour resituer ces démarches dans le cadre plus large de l’investissement en bourse pour les particuliers, les guides de Bercy sur l’investissement en bourse offrent une porte d’entrée utile.
Conclusion : quel courtier pour quel profil ?
Trade Republic et DEGIRO se ressemblent par leur positionnement low-cost et leur régulation européenne, mais s’adressent en 2026 à deux profils d’investisseurs assez distincts. Trade Republic gagne sur la simplicité, l’application mobile et les plans d’épargne automatisés : c’est le choix naturel d’un débutant qui veut investir mensuellement en ETF et oublier la mécanique. DEGIRO l’emporte sur l’étendue des marchés, la diversité des produits et la richesse de la plateforme web : c’est l’outil d’un investisseur déjà à l’aise qui cherche à composer un portefeuille international varié.
Aucun des deux ne dispense pour autant le particulier français d’une réflexion plus globale sur ses enveloppes. Le PEA chez un courtier domestique demeure souvent la meilleure structure pour la poche actions européennes, complétée par DEGIRO ou Trade Republic pour la poche internationale et les classes d’actifs non éligibles. Cette architecture mixte combine le bouclier fiscal du PEA, la richesse des marchés mondiaux et la modernité d’une application de nouvelle génération, sans s’enfermer dans le choix binaire entre deux courtiers européens par ailleurs très proches sur le fond.
Questions fréquentes
Quel courtier choisir pour débuter sans PEA en 2026 ?
Si tu débutes sans souhaiter ouvrir un PEA, Trade Republic offre l'expérience la plus simple en 2026 : application mobile épurée, plans d'épargne automatisés à partir de quelques euros et large catalogue d'ETF accessibles sans frais d'entrée pour la plupart. DEGIRO conserve l'avantage du choix : plus de produits, plus de places financières, et des frais transparents par marché. Pour un débutant qui veut surtout investir mensuellement en ETF et oublier le reste, Trade Republic gagne sur la simplicité et l'automatisation. Pour un investisseur curieux qui veut explorer les actions internationales ou les obligations cotées, DEGIRO offre une boîte à outils plus complète avec un accès direct à des dizaines de marchés. Le choix dépend donc moins du prix, désormais comparable, que de ton style de gestion et de tes ambitions à moyen terme. Tester l'application avec un dépôt modeste avant de basculer la totalité de ton portefeuille reste la méthode la plus prudente pour confirmer ton intuition.
Trade Republic et DEGIRO acceptent-ils le PEA ?
Non, ni Trade Republic ni DEGIRO ne proposent de PEA aux particuliers français en 2026. Cette enveloppe fiscale reste réservée aux établissements titulaires d'un agrément spécifique en France, comme les banques universelles ou certains courtiers domestiques. Pour loger des actions européennes en franchise d'impôt sur le revenu après cinq ans, il faut donc passer par un courtier français comme Bourse Direct, Fortuneo, BoursoBank ou Saxo France. Trade Republic et DEGIRO se concentrent sur le compte-titres ordinaire, accessible aux résidents fiscaux français mais sans avantage fiscal spécifique. Le prélèvement forfaitaire unique de 30 pour cent s'applique alors aux dividendes et aux plus-values nettes constatées chaque année. Une stratégie courante consiste à ouvrir un PEA chez un courtier français pour la poche européenne, et un compte chez DEGIRO ou Trade Republic pour la diversification mondiale, notamment américaine ou asiatique. Cette combinaison maximise l'efficacité fiscale et l'étendue de l'univers d'investissement accessible.
Comment fonctionnent les frais cachés chez Trade Republic et DEGIRO ?
Les deux courtiers affichent des tarifs faciaux très bas, parfois zéro euro d'ordre, mais des coûts cachés existent et méritent d'être identifiés avant tout dépôt. Trade Republic se rémunère essentiellement sur le spread de marché et sur les revenus liés au routage d'ordres vers le segment de gré à gré LS Exchange, ce qui peut élargir l'écart entre cours d'achat et cours de vente en dehors des heures les plus liquides. DEGIRO facture des frais de manutention annuels par place financière utilisée, des frais de change facturés à 0,25 pour cent par défaut quand tu utilises des devises non gérées en mode AutoFX, et des frais de connectivité pour certains marchés moins courants. Sur les ETF, DEGIRO propose une liste gratuite mensuelle assortie de conditions strictes. Bien lire la grille tarifaire et simuler une opération réelle avant d'ouvrir reste la seule façon de mesurer le coût total pour ton profil personnel.
Quelle est la garantie des dépôts pour ces courtiers en France ?
Trade Republic est une banque agréée allemande supervisée par la BaFin, et bénéficie à ce titre du fonds allemand de garantie des dépôts qui couvre jusqu'à 100 000 euros par client et par établissement. DEGIRO opère en France via flatexDEGIRO Bank AG, également supervisée par la BaFin allemande, avec la même protection de 100 000 euros sur les liquidités déposées. Les titres détenus chez les deux courtiers sont par ailleurs séparés des actifs propres de l'établissement et restituables même en cas de faillite, conformément aux règles européennes de séparation des avoirs clients. Le système d'indemnisation des investisseurs allemand couvre jusqu'à 90 pour cent des montants concernés, plafonné à 20 000 euros pour la part titres en cas de perte exceptionnelle. Cette architecture européenne offre un niveau de protection équivalent à un courtier français, sans exposition spécifique au risque de change ou de juridiction extra-européenne.
Faut-il déclarer son compte Trade Republic ou DEGIRO aux impôts ?
Oui, tout compte ouvert auprès d'un établissement étranger doit être déclaré chaque année à l'administration fiscale française via le formulaire 3916-3916 bis, joint à ta déclaration de revenus. Cette obligation concerne aussi bien Trade Republic, qui est une banque allemande, que DEGIRO, qui opère via flatexDEGIRO Bank AG en Allemagne. L'oubli expose à une amende forfaitaire pouvant atteindre 1 500 euros par compte non déclaré, et 10 000 euros si le compte est domicilié dans un État non coopératif, ce qui n'est pas le cas pour ces deux courtiers européens. Les plus-values réalisées et les dividendes perçus doivent eux être déclarés normalement, sur les formulaires 2042 et 2074 selon les cas, même si le courtier ne pratique pas de prélèvement à la source. Conserver les relevés annuels et les rapports fiscaux édités par le courtier facilite considérablement la déclaration annuelle.