Fiscalité

FIFO, LIFO, PMP : la méthode de calcul des plus-values en 2026

Par Antoine Berger
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FIFO, LIFO et prix moyen pondéré pour calculer les plus-values mobilières en 2026

FIFO, LIFO, PMP : pourquoi la méthode de calcul change ta plus-value imposable

Tu as acheté la même action à plusieurs reprises, à des prix différents, puis tu en revends une partie. Question simple en apparence, mais lourde de conséquences fiscales : quel prix d’achat retenir pour calculer ta plus-value ? Celui de tes premiers titres ? De tes derniers ? Une moyenne ? Selon la méthode appliquée, ta plus-value imposable peut varier du simple au double, et avec elle le montant d’impôt que tu vas payer.

Trois grandes méthodes existent en théorie : le FIFO (first in, first out, premier entré premier sorti), le LIFO (last in, first out, dernier entré premier sorti) et le PMP (prix moyen pondéré, parfois noté PRMP pour prix de revient moyen pondéré). Chacune raconte une histoire différente du même portefeuille. En 2026, pour un particulier qui investit en Bourse depuis la France, la réponse est tranchée : c’est le prix moyen pondéré qui s’impose pour la déclaration fiscale des titres détenus sur un compte titres ordinaire.

Ce guide t’explique précisément comment fonctionne chaque méthode, pourquoi la France a retenu le PMP, comment le calculer pas à pas avec des exemples chiffrés, et comment éviter les erreurs classiques qui font gonfler l’assiette de ton impôt. Tu repartiras avec une méthode reproductible pour reconstituer tes plus-values toi-même, y compris si ton courtier étranger affiche un calcul FIFO trompeur.

TL;DR : la règle à retenir en 2026

En France, pour les titres de même nature acquis à des dates et des prix différents et détenus sur un compte titres ordinaire, le calcul de la plus-value imposable se fait obligatoirement au prix moyen pondéré d’acquisition, en application de l’article 150-0 D du Code général des impôts. Tu ne choisis pas FIFO ou LIFO. Le PMP est la somme totale investie sur une ligne, frais inclus, divisée par le nombre total de titres détenus. Lors d’une cession partielle, ce prix moyen sert de base de calcul. FIFO et LIFO existent dans d’autres contextes (comptabilité d’entreprise, plateformes étrangères, calcul de performance interne) mais ne déterminent pas l’impôt français sur les plus-values mobilières des particuliers.

Les trois méthodes expliquées simplement

Avant d’entrer dans la règle fiscale française, comprenons ce que chaque méthode signifie concrètement. Imagine une seule ligne d’actions d’une même société, achetée en plusieurs fois.

FIFO : premier entré, premier sorti

La méthode FIFO part du principe que les titres vendus sont les plus anciens de ton portefeuille. Quand tu cèdes une partie de ta ligne, on considère que tu te sépares d’abord des actions achetées en premier. Le prix de revient retenu est donc celui de tes acquisitions les plus anciennes.

En période de hausse durable, tes titres les plus anciens sont souvent les moins chers. Le FIFO tend alors à faire ressortir une plus-value plus élevée, donc un impôt plus lourd à la cession partielle, mais il purge en priorité les lignes à faible prix de revient. C’est la méthode la plus répandue dans le monde anglo-saxon et celle qu’affichent par défaut de nombreuses plateformes étrangères dans leur relevé client.

LIFO : dernier entré, premier sorti

La méthode LIFO inverse la logique : les titres vendus sont réputés être les plus récents. Le prix de revient retenu est celui de tes derniers achats. En période de hausse, tes derniers titres sont souvent les plus chers, ce qui réduit mécaniquement la plus-value affichée et donc l’impôt immédiat à la cession partielle.

Le LIFO est minoritaire et largement écarté en comptabilité internationale (les normes IFRS l’interdisent pour les stocks d’entreprise). Pour un particulier investisseur, il n’a aucune valeur fiscale en France. Il sert tout au plus d’outil mental pour visualiser un scénario d’optimisation théorique impossible à appliquer dans la déclaration réelle.

PMP : le prix moyen pondéré, la règle française

La méthode du prix moyen pondéré ne distingue pas les titres par leur date d’achat. Elle les fond dans une moyenne : tous tes titres d’une même ligne partagent un prix de revient unique, égal à la somme totale investie divisée par le nombre total de titres. Quand tu vends, tu utilises ce prix moyen, quelle que soit l’ancienneté des titres cédés.

C’est cette méthode que le droit fiscal français a retenue pour les valeurs mobilières des particuliers. Elle a le mérite de la neutralité : peu importe dans quel ordre tu as acheté, le résultat fiscal est le même. Notre guide sur la fiscalité du trading d’actions replace cette mécanique dans le cadre fiscal global du compte titres.

Pourquoi la France impose le prix moyen pondéré

Le choix du PMP par le législateur français n’est pas anodin. Il répond à un objectif d’égalité de traitement et de simplicité administrative. En supprimant la possibilité de choisir entre FIFO et LIFO, l’administration empêche les contribuables d’optimiser artificiellement leur assiette en sélectionnant, lot par lot, les titres au prix de revient le plus avantageux au moment de la vente.

La règle figure à l’article 150-0 D du Code général des impôts, qui précise que le gain net est constitué par la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition, ce dernier étant déterminé, pour les titres de même nature, par la moyenne pondérée d’acquisition. Le BOFiP, documentation officielle de l’administration fiscale, détaille les modalités d’application de cette règle dans ses commentaires sur les plus-values de cession de valeurs mobilières.

Cette mécanique du prix moyen pondéré s’applique aux actions, aux ETF, aux obligations cotées, aux parts d’OPCVM (SICAV et FCP), bref à l’ensemble des valeurs mobilières et droits sociaux détenus sur compte titres ordinaire. Le périmètre est large et concerne la grande majorité des investisseurs particuliers actifs en Bourse hors enveloppe PEA.

Un point important : le PMP se calcule ligne par ligne, valeur par valeur. Tu n’établis pas une moyenne globale sur tout ton portefeuille. Chaque société, chaque ETF, chaque fonds a son propre prix moyen pondéré, recalculé à chaque nouvel achat de la même valeur.

Calcul pas à pas du prix moyen pondéré

Le calcul du PMP suit une logique simple de moyenne pondérée par les quantités. Décomposons-le.

Première étape : additionne toutes les sommes investies pour acquérir les titres d’une même ligne. Chaque achat compte pour son prix unitaire multiplié par la quantité, en y intégrant les frais de courtage d’acquisition (ces frais s’ajoutent au prix de revient, ce qui réduit la plus-value future).

Deuxième étape : additionne le nombre total de titres détenus sur cette ligne après tous les achats.

Troisième étape : divise le montant total investi par le nombre total de titres. Tu obtiens le prix moyen pondéré unitaire.

Quatrième étape, lors d’une cession : la plus-value imposable est égale au prix de cession (net des frais de vente) moins le PMP, multiplié par le nombre de titres vendus.

Prenons un cas concret. Tu achètes 10 actions Société X à 50 EUR, frais de 5 EUR, soit 505 EUR. Trois mois plus tard, tu rachètes 10 actions de la même société à 70 EUR, frais de 5 EUR, soit 705 EUR. Ton investissement total est de 1 210 EUR pour 20 titres. Ton PMP est de 1 210 / 20 = 60,50 EUR par action.

Tu décides ensuite de vendre 8 actions à 80 EUR, avec 6 EUR de frais de vente, soit un prix de cession net de 634 EUR pour 8 titres (79,25 EUR net par titre). Ta plus-value imposable est de (79,25 - 60,50) x 8 = 150 EUR. Remarque que tu n’as utilisé ni le prix de tes premiers achats (50 EUR, logique FIFO) ni celui de tes derniers (70 EUR, logique LIFO), mais bien la moyenne pondérée.

Après cette vente, il te reste 12 actions. Leur PMP reste inchangé à 60,50 EUR : la vente ne modifie pas le prix de revient moyen des titres conservés. Si tu rachètes plus tard de nouvelles actions, le PMP sera recalculé en intégrant ces nouveaux achats. Pour bien suivre ces calculs sur la durée, un journal de trading rigoureux est un allié précieux.

FIFO vs PMP : un exemple chiffré comparatif

Pour mesurer l’écart entre les méthodes, reprenons la même ligne et comparons ce qu’aurait donné un calcul FIFO face au PMP français.

Données : 10 actions achetées à 50 EUR (500 EUR, frais ignorés ici pour la lisibilité) puis 10 actions à 70 EUR (700 EUR). Tu vends 8 actions à 80 EUR.

Sous FIFO : on considère que tu vends 8 de tes premières actions, achetées à 50 EUR. Plus-value FIFO = (80 - 50) x 8 = 240 EUR.

Sous PMP français : ton prix moyen est de 1 200 / 20 = 60 EUR. Plus-value PMP = (80 - 60) x 8 = 160 EUR.

L’écart est net : 240 EUR contre 160 EUR, soit 80 EUR de plus-value en plus sous FIFO. Au Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 pourcent, cela représenterait 24 EUR d’impôt supplémentaire sur cette seule opération. Sur un portefeuille actif avec de nombreuses cessions, l’écart cumulé peut devenir significatif. C’est pourquoi recopier aveuglément le chiffre FIFO d’un relevé étranger conduit souvent à sur-déclarer ta plus-value et à payer plus d’impôt que la loi française ne l’exige.

À l’inverse, si le marché avait baissé (premiers titres plus chers que les derniers), le FIFO aurait pu sous-évaluer ta plus-value et créer un risque de redressement. Dans les deux sens, le seul calcul opposable à l’administration française est le PMP. Notre comparatif des courtiers PEA et CTO précise quelles plateformes fournissent un IFU conforme aux règles françaises.

Le cas des courtiers étrangers : attention au relevé FIFO

C’est l’un des pièges les plus fréquents pour les investisseurs qui utilisent une plateforme basée hors de France. Ces courtiers ne sont pas tenus de produire un Imprimé Fiscal Unique calculé selon le droit français. Leur relevé annuel affiche souvent une performance en FIFO, voire dans une devise étrangère, ce qui ne correspond ni à la méthode ni parfois à la conversion de change attendues par l’administration française.

Concrètement, avec un courtier étranger, tu dois reconstituer toi-même tes plus-values au prix moyen pondéré, ligne par ligne, en euros. Cela implique de tenir un historique précis de chaque achat et de chaque vente, avec les dates, quantités, prix unitaires, frais et taux de change applicables à chaque opération si tu as investi en devise étrangère. Le résultat se reporte sur le formulaire 2074 (déclaration des plus-values mobilières) puis sur la déclaration 2042.

L’oubli ou l’approximation sur ces calculs expose à deux risques symétriques : sur-déclarer et payer trop d’impôt, ou sous-déclarer et s’exposer à un redressement assorti d’intérêts de retard. Garder une feuille de calcul à jour est la meilleure protection. Si tu changes de courtier, conserve aussi l’historique d’origine : un transfert de compte titres ne transmet pas toujours le prix de revient fiscal correct, et c’est à toi de le reconstituer.

Le PMP et les opérations sur titres

Le prix moyen pondéré évolue non seulement à chaque achat, mais aussi lors des opérations sur titres (OST) décidées par la société émettrice. Ces événements modifient le nombre de titres ou leur valeur unitaire sans changer ton investissement total réel, et le PMP doit être ajusté en conséquence.

Lors d’une division d’action (split), le nombre de titres augmente proportionnellement et le PMP unitaire diminue dans la même proportion. Si tu détiens 10 actions au PMP de 60 EUR (600 EUR investis) et que l’action est divisée par deux, tu détiens désormais 20 actions au PMP de 30 EUR, ton investissement total restant de 600 EUR. Aucune plus-value n’est générée par l’opération elle-même.

Un regroupement d’actions (reverse split) produit l’effet inverse : moins de titres, PMP unitaire plus élevé. Une attribution gratuite d’actions dilue le prix de revient moyen, puisque le montant investi se répartit sur un nombre de titres plus grand. Pour les distributions exceptionnelles ou remboursements de capital, le BOFiP prévoit des règles de réduction du prix de revient au cas par cas.

La règle d’or reste la même : conserver l’historique complet de toutes les opérations. C’est la seule manière de reconstituer un PMP exact en cas de contrôle fiscal, surtout sur des lignes détenues depuis longtemps et ayant subi plusieurs OST.

PMP, PEA et autres enveloppes : ce qui change

La mécanique du prix moyen pondéré par ligne concerne avant tout le compte titres ordinaire, où chaque cession est un fait générateur d’impôt. À l’intérieur d’un PEA, la logique est différente : l’imposition ne se calcule pas ligne par ligne mais sur la valeur globale de l’enveloppe au moment du retrait, comme l’explique notre guide d’ouverture du PEA en 2026.

Dans un PEA, tant que tu réinvestis à l’intérieur du plan, les arbitrages entre lignes ne déclenchent aucune imposition. La plus-value imposable au retrait correspond à la différence entre la valeur liquidative du plan et le total des versements. Le PMP par ligne y garde un intérêt pour suivre ta performance réelle, mais sans incidence fiscale immédiate. C’est l’un des grands atouts de cette enveloppe par rapport au compte titres, que détaille notre comparatif CTO ou PEA en 2026.

Une fois la plus-value déterminée au PMP sur ton compte titres, elle est imposée par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 pourcent. Tu peux opter pour le barème progressif si ta situation s’y prête : notre analyse PFU 30 pourcent contre barème progressif détaille ce choix annuel. Et n’oublie pas que les prélèvements sociaux de 17,2 pourcent s’ajoutent dans tous les cas, comme le rappelle notre guide des prélèvements sociaux.

Moins-values, report et compensation

Le PMP ne sert pas qu’à calculer les plus-values : il sert aussi à constater les moins-values. Si ton prix de cession net est inférieur à ton PMP, tu réalises une moins-value, déductible des plus-values de même nature réalisées la même année.

L’article 150-0 D du CGI organise un mécanisme de compensation et de report. Les moins-values mobilières d’une année s’imputent d’abord sur les plus-values mobilières de cette même année. L’excédent éventuel est reportable sur les dix années suivantes, et s’impute uniquement sur des plus-values de même nature. Ce report sur dix ans est un levier d’optimisation souvent sous-utilisé par les particuliers.

Concrètement, tiens un suivi annuel de tes moins-values reportables. Une année où tu réalises une forte plus-value, tu peux l’amortir fiscalement grâce à des moins-values des années antérieures, à condition de les avoir correctement déclarées chaque année sur le formulaire 2074. Là encore, un calcul rigoureux au PMP est la condition de validité de ces montants reportés. Le service-public.fr détaille les modalités de déclaration et de report.

Erreurs courantes à éviter

Plusieurs erreurs reviennent systématiquement dans le calcul des plus-values mobilières. Les connaître permet de les neutraliser.

Première erreur : recopier le chiffre FIFO de son courtier étranger sur sa déclaration française. C’est la source la plus fréquente d’assiette erronée. Recalcule toujours au prix moyen pondéré.

Deuxième erreur : oublier d’intégrer les frais. Les frais de courtage à l’achat s’ajoutent au prix de revient et les frais de vente se déduisent du prix de cession. Les négliger gonfle artificiellement ta plus-value. Notre guide des frais de courtage rappelle l’impact de ces coûts sur la performance nette.

Troisième erreur : ne pas ajuster le PMP après une opération sur titres. Un split ou une attribution gratuite non pris en compte fausse durablement le prix de revient.

Quatrième erreur : confondre le suivi de performance et l’assiette fiscale. Le calcul que tu fais pour mesurer ton rendement réel peut différer de l’assiette imposable, surtout en présence de devises étrangères et de change.

Cinquième erreur : ne pas conserver l’historique. Sans traçabilité des achats successifs, impossible de justifier le PMP en cas de contrôle. Archive tes avis d’opéré et tes relevés annuels.

Conclusion : le PMP, seule méthode opposable en France

En 2026, le débat FIFO contre LIFO contre PMP est tranché pour le particulier qui déclare ses plus-values mobilières en France : le prix moyen pondéré d’acquisition s’impose, en application de l’article 150-0 D du Code général des impôts. FIFO et LIFO restent des outils de gestion ou des modes d’affichage de certaines plateformes, mais ils ne déterminent jamais ton impôt français.

Retiens la méthode : additionne tes investissements frais inclus, divise par le nombre de titres, obtiens ton PMP, et applique-le à chaque cession. Ajuste-le à chaque nouvel achat et à chaque opération sur titres. Avec un courtier étranger, reconstitue tout toi-même en euros. Et conserve précieusement ton historique : c’est ta seule défense en cas de contrôle.

Pour aller plus loin, consulte nos guides sur la fiscalité du trading d’actions, le choix entre PFU et barème progressif, le comparatif CTO ou PEA et l’ouverture d’un PEA en 2026. La documentation officielle reste disponible sur le site de l’AMF et de Bercy.

La Rédaction

Questions fréquentes

En France, quelle méthode de calcul des plus-values mobilières est obligatoire : FIFO, LIFO ou le prix moyen pondéré ?

En France, pour les titres de même nature acquis à des dates et des prix différents puis détenus sur un compte titres ordinaire, c'est la méthode du prix moyen pondéré d'acquisition (PMP, aussi appelé PRMP pour prix de revient moyen pondéré) qui s'applique obligatoirement. Cette règle est codifiée à l'article 150-0 D du Code général des impôts. Tu ne peux pas choisir librement entre FIFO (premier entré, premier sorti) ou LIFO (dernier entré, premier sorti) pour ta déclaration fiscale française. Le PMP consiste à diviser le montant total investi sur une ligne de titres par le nombre total de titres détenus, afin d'obtenir un prix de revient unitaire moyen. Lors d'une cession partielle, ce prix moyen sert de base pour calculer la plus-value imposable. FIFO et LIFO sont des méthodes comptables utilisées dans d'autres contextes (comptabilité d'entreprise, certaines juridictions étrangères, calcul interne de performance) mais elles ne déterminent pas l'assiette de l'impôt sur les plus-values mobilières des particuliers en France.

Comment calcule-t-on concrètement le prix moyen pondéré d'une ligne d'actions ?

Le calcul du prix moyen pondéré est une moyenne pondérée par les quantités. Tu additionnes toutes les sommes investies pour acquérir les titres d'une même ligne (prix d'achat multiplié par les quantités, frais de courtage inclus), puis tu divises ce total par le nombre total de titres détenus. Exemple : tu achètes 10 actions à 50 EUR (500 EUR) puis 10 actions à 70 EUR (700 EUR). Ton investissement total est de 1 200 EUR pour 20 titres, soit un PMP de 60 EUR par action. Si tu vends ensuite 5 actions à 80 EUR, ta plus-value imposable est de (80 - 60) x 5 = 100 EUR, et non pas calculée sur tes premiers achats à 50 EUR (logique FIFO) ni sur tes derniers à 70 EUR (logique LIFO). Le PMP lisse mécaniquement le prix de revient. Les frais d'acquisition s'ajoutent au prix d'achat et les frais de cession se déduisent du prix de vente, conformément au BOFiP.

Mon courtier affiche un calcul FIFO de mes plus-values : est-ce que cela change ma déclaration d'impôt ?

Beaucoup de courtiers, surtout les plateformes étrangères, affichent un calcul de performance en FIFO dans ton espace client ou ton relevé annuel. C'est un mode d'affichage interne pratique pour suivre tes positions, mais il ne correspond pas forcément à l'assiette fiscale française. Pour ta déclaration en France, c'est le prix moyen pondéré qui fait foi pour les titres de même nature détenus dans la même enveloppe. Les courtiers français établis en France produisent généralement un Imprimé Fiscal Unique (IFU) déjà calculé selon les règles françaises, qui reprend le PMP. Avec un courtier étranger, l'IFU n'est pas fourni : tu dois recalculer toi-même tes plus-values au PMP et reporter les montants sur le formulaire 2074 puis sur la déclaration 2042. Ne recopie pas aveuglément le chiffre FIFO de ton relevé étranger : tu risques une assiette erronée. Notre guide sur les courtiers étrangers détaille ces obligations déclaratives.

Le prix moyen pondéré s'applique-t-il aussi à l'intérieur d'un PEA ?

À l'intérieur d'un PEA ou d'un PEA-PME, la question du prix moyen pondéré par ligne ne se pose pas de la même manière pour le calcul de l'impôt, car le gain n'est pas imposé ligne par ligne. Le PEA fonctionne en valeur globale d'enveloppe : la plus-value imposable se calcule sur la différence entre la valeur liquidative au moment du retrait et le total des versements effectués, et non sur chaque cession individuelle. Tant que tu réinvestis à l'intérieur du PEA, les arbitrages entre lignes ne génèrent aucune imposition immédiate. C'est l'un des grands avantages de cette enveloppe. Le PMP par ligne reste néanmoins utile à l'intérieur du PEA pour suivre ta performance réelle par valeur, mais il n'a pas d'incidence fiscale tant que tu ne retires pas. Sur un compte titres ordinaire en revanche, chaque cession est un fait générateur d'impôt et le PMP détermine alors directement l'assiette taxable.

Que se passe-t-il pour le prix moyen pondéré en cas de division d'action, d'attribution gratuite ou d'opération sur titres ?

Les opérations sur titres (OST) impactent le prix moyen pondéré sans modifier ton investissement total réel. Lors d'une division d'action (split), le nombre de titres augmente proportionnellement et le PMP unitaire est ajusté à la baisse dans la même proportion : si tu détiens 10 actions à PMP de 60 EUR et que l'action est divisée par 2, tu détiens 20 actions à PMP de 30 EUR, ton investissement total restant de 600 EUR. Lors d'une attribution gratuite d'actions, les nouveaux titres reçus diluent le prix de revient moyen, car le montant total investi reste inchangé mais se répartit sur davantage de titres. À l'inverse, un regroupement d'actions (reverse split) augmente le PMP unitaire. Pour les distributions exceptionnelles ou les remboursements de capital, le BOFiP prévoit des règles spécifiques de réduction du prix de revient. Conserve toujours l'historique de tes opérations : c'est la seule façon de reconstituer un PMP exact en cas de contrôle.

Sources officielles